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gabriel

Pendant des mois, après son enterrement, son image d’agonisant m’a obsédé. Surgissant n’importe où, n’importe quand. La nuit, le jour. Dans le métro ou la rue, au travail. Son visage émacié, pommettes saillantes, déjà une tête de squelette. Ses yeux creux, dans l’eau, s’écarquillant à la dernière seconde. Son abandon quasi enfantin devant la mort.

Je me suis longtemps senti coupable. Si nous l’avions mieux soigné, entouré, compris, dorloté, il se serait accroché.

Mais voilà, ma défense contre la perte (repentir, exhortation, ultimatum) reste sans effet, puisqu’il n’y a pas de retour possible.

Deuil insoluble.

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