contact

décibel


je m’ennuie déjà de la texture sonore du confinement, ténue et souple, molle comme un oreiller, un murmure

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a b c

l’humain tente de clarifier sa présence sur terre, la documente, et disparaît

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pandémie


ce n’est pas l’art qui me sauve, si tant est que j’aie besoin de secours, ce ne sont pas les visites virtuelles de musées, les captations de concerts, les films gratuits, les livres, en ligne ou non, c’est la nature, l’incroyable beauté, la formidable poussée du vivant

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enfin


j’ai dû prendre des milliers de photos depuis que j’ai mon appareil ; il serait grand temps que je lise les instructions

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rampe


à l’évidence, l’invisibilité à laquelle condamne le confinement devient à plusieurs intolérable

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vitesse


on ne voit jamais la fleur
éclore l’herbe
pousser la feuille
rougir

imperméables
aux miracles de base

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dépression

karim dénonce le trucage
de photos d’archives
véronique déménage ses angoisses
en région
beaucoup se taisent
incapables d’articuler
s’en blâment
inadéquats

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ressemblance

c’est l’anniversaire de son petit garçon, elle en parle avec enthousiasme et tendresse, et ce qu’elle dit de lui s’appliquerait à elle tout autant, elle se décrit elle-même à travers lui, elle en a le droit, c’est la fête des mères après tout

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spectacle


ce matin, dans le parc, une voisine déguisée en farfadet, armée de bâtons et de cordes est venue faire des bulles de savon géantes, plus grosses que les enfants émerveillés qui s’élançaient à leur poursuite

cet après-midi, c’est un jeune homme, pieds nus, qui jongle avec trois quilles blanches, il exécute des tours de plus en plus exigeants

je ne bouge pas de ma fenêtre

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proximité


ils ont rendez-vous chaque jour à la même heure ; il arrive à vélo, en culottes courtes, il a les jambes tatouées ; elle le rejoint, ils s’assoient sur le perron de bois en demi-lune qui mène chez le coiffeur ; le salon est fermé ; ils ignorent les consignes, blottis l’un contre l’autre ; ils parlent peu, c’est accessoire, l’essentiel n’est pas là : elle lui tient la main, c’est ce toucher qui compte ; au bout d’une dizaine de minutes, ils se quittent, jusqu’au lendemain

dans le parc, c’est pareil et différent ; la femme se présente en premier avec deux petits garçons, l’aîné châtain, le cadet blond, ils jouent avec des cailloux, des brindilles, des branches, elle les observe, c’est paisible ; l’homme les retrouve, les gamins sont heureux de le voir, mais ne l’approchent pas, elle non plus, d’ailleurs ; les distances sont respectées ; les enfants retournent à leurs activités, les adultes restent entre eux ; ils veillent à maintenir vivants leurs liens

c’est le printemps, c’est mai

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craie


art éphémère, encore ; les œuvres qui illustrent les billets précédents ont disparu, balayées ; celle-ci ne durera pas longtemps : on prévoit de la pluie

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hôtel


je viens de rencontrer l’artiste, il se prénomme adrien, avec un autre petit garçon il bâtit des cabanes pour les insectes

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