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condamné


cet arbre va être abattu, il a le tronc ouvert, des blessures, des cicatrices, des cavités, si marquées que les enfants, qui chaque jour le prennent d’assaut, trouvent appui pour y grimper ; c’est son chant du cygne, il s’en ira, bourré de caresses de petites mains, de petits pieds

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ajouts

j’adore les maisons qu’on a prolongées à l’arrière, qu’on a agrandies d’un tambour, d’une galerie, d’un hangar, ou d’un solarium, voire d’une serre, bricolés le plus souvent avec de la tôle, du contreplaqué, de vieux châssis, bric-à-brac débordant de poésie

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miaou


le chat s’étire sous la clôture et s’assied, attend des caresses que je ne lui donne pas, me tourne le dos, et monte dans l’ombre

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màj

vanessa suit le point de presse quotidien des autorités, à l’affût d’une tautologie, d’une maladresse d’expression dont elle fera ses choux gras sur son fil ; louis-philippe vitupère contre les fonctionnaires en charge des programmes d’aide aux artistes ; autrement, c’est plutôt calme, le moral se dégrade

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enfer

nora a réussi son casse-tête
karim lit de la poésie
véronique rapporte un mot d’enfant
hélène tire la langue
lucie photographie des gants perdus
pierre-alexandre apprend à faire de la soupe
éli reçoit des nouvelles du liban
dominique joue à la maîtresse d’école
denise ne se sent pas vieille

confinement

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mille

dans la corniche de la maison d’en face, il y a (au moins) deux nids, l’un d’étourneaux et l’autre de moineaux ; leur entrée est minuscule, une fente, à peine visible ; la précision avec laquelle ces oiseaux en vol s’y engouffrent est proprement stupéfiante

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calendrier


je barbouille l’écran de fausses pistes
des cartes en lambeaux pendent aux épines

à l’instant précis du lever du soleil
deux étourneaux chacun au sommet d’un érable
à quinze mètres l’un de l’autre
en solitude et salutation

dans le ciel des avions vides

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hochet

qu’il me soit permis de dénoncer (une fois de plus) cette vision petite-bourgeoise de la littérature qui en attend récréation, soulagement, transport à peu de frais

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sensations

courir de fenêtre en fenêtre, guetter un signe, une solution, et ne rien voir de ce qui est là, dehors, l’éclat du ciel ou la profondeur de la nuit

le seul abri sûr, c’est le corps que nous avons

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variation


la situation me prive de petits plaisirs, fouiner à la librairie, m’arrêter au café, je tâche de m’en donner d’autres

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