contact

rythme


je m’efforce de dire oui, à tout, aux invitations, aux occasions, aux surprises, aux compliments ; ça implique d’accepter les détours, les délais, les contrariétés, la tournure des événements, leur lenteur, le hasard

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travestir

dans un café près de chez moi, une équipe de cinéma tourne une scène estivale ; la veille et l’avant-veille, des techniciens ont déglacé les trottoirs et la rue, fleuri de plastique les parterres avoisinants, accroché de fausses feuilles aux arbres ; le jour même, on contrôle la circulation pour éviter qu’un véhicule couvert de neige ou qu’un piéton en manteau d’hiver ne surgisse dans le cadre, on allume un méga projecteur, qui palliera la grisaille ; c’est une allégorie de l’industrie humaine

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dédain


je lis sur un site : seuls l’amour et l’art rendent l’existence supportable ; c’est vrai, quoi, il est inacceptable, ce cadeau, qui ne vient même pas avec une garantie illimitée

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orient


tu racontes l’aube
le silence de la ville ta prière

tu tends tes si longs bras
vers un creux de mère

il ne t’arrivera rien
c’est l’assurance de l’instant

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déborder


le bonheur parfois me fait pleurer (si ça vous chante, amusez-vous à compter les moineaux, bonne chance)

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vendredi


je m’assois dans la lumière pour avaler un bol de soupe à l’orge, dehors il gèle à pierre fendre

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bombardement

l’humain n’est pas fait pour recevoir autant d’informations, d’images, de vidéos, de mises en garde, de démentis, d’avertissements, de gros titres, de bulletins spéciaux, de sollicitations, d’appels à l’action, il peine à respirer

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quoi ?

mon ouïe dépérit, de sorte que je situe à ma gauche la source de bruits se produisant en fait à ma droite ; j’ai bien peur, lorsque la mort viendra, d’aller ouvrir la porte de derrière alors qu’elle frappera à celle de devant

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paternité


je dois à mon ami poussin une expression dont j’adore me servir : ne pas y aller avec le dos de la main morte ; j’en propose une autre dans le même esprit : j’ai la pelote des nerfs à vif

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flux

pensée du jour : le cœur ne peut contenir que la joie qu’on y laisse entrer

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quantique


au spectacle, dans une fiction, c’est toujours soi qu’on cherche, à l’envers ou à l’endroit, lumineux ou négatif, l’être qu’on aurait pu, ou dû être, le double

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célébration


les artistes d’hier, parents, enfants, adolescents, amoureux, ont travaillé même le soir tombé, à former des boules hautes comme ça, à découper des blocs, les transporter, les empiler, le quartier est un jardin de sculptures éphémères

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