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création


3 conditions de développement de l’enfant, susceptibles de déterminer une pratique artistique : le jeu, l’imitation, la perte

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tracer

lettres en façade alphabet de charges aiguilles de verre sous les ongles parole dans tous les sens langue fortuite

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liesse

chemin et pitance
ta myopie la surdité
défaite la peau
encore à vivre
bouquet de fenouil
lumière des cierges

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schéma


la pensée n’est pas toujours intelligente, loin s’en faut, elle prend des raccourcis, occulte des faits, en amplifie d’autres, généralise, présume, saute aux conclusions, et s’enferre dans une interprétation souffrante de la réalité

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vautours

c’est toujours la même histoire : à qui s’adressent vos hommages, vos éloges ? certainement pas à lui, il est mort, qui voulez-vous convaincre, et de quoi ? pourquoi tenez-vous tant à rendre votre émotion publique ?

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exit


un enfant vient à ta rencontre, tu le reconnais, c’est toi en culottes courtes, il tend la main, touche ton front, et c’est la fin, tu as toujours eu la prescience (ou le souvenir) de ce moment-là

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fond

d’un été à l’autre, en août, le même effet, cigales le jour, grillons la nuit, je me sens heureux comme un bébé

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désapprendre

exclu oublié
le fil autour de la patte
chèvre et son pieu
décomposer les mots
l’excédent la décharge
écouter les nerfs
la leçon des oiseaux
stoïques sur le toit

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persistance


je n’ouvre jamais mes livres une fois parus, des circonstances m’amènent aujourd’hui à y plonger, et je trouve des redites, des images récurrentes, des réflexions répétées, butées

ce sont des blessures dont je n’ai pas fini de saigner, des questions auxquelles je n’ai toujours pas de réponse, des chocs dont je ne me suis pas relevé

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sortie


à leur âge, grimper la montagne, lui barbe blanche, chapeau de paille, elle décharnée, os saillants, il la couve comme un trésor

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virage


il n’est jamais trop tard pour allumer, se racheter, s’amender, se soulever, jamais

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imputer


du temps de ma mère, si un homme avait un cerne autour du col de chemise, c’est sa femme qui passait pour malpropre

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contact

faire la bise à un vieillard, c’est comme toucher un cadavre dans un cercueil, je conçois qu’on en soit incapable

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imposteur


je n’ai pas étudié les structures du récit, les processus d’analyse, la mécanique de la fiction, les dimensions esthétiques et sociales des classiques, je n’appartiens à aucune chapelle, élite, ou groupe en vogue, je gosse mes phrases au canif

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compagnie

dès qu’on est 2, il y a risque de tension, parce que chacun tient un rôle, porte une identité, un système de valeurs et d’attentes, qui fondent des institutions, enfant, parent, client, marchand, maître, élève, patron, employé, propriétaire, locataire

il y a fort peu de situations dont le rapport de force, la hiérarchie et la rivalité soient absents

peut-être l’amitié et l’amour, et encore

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la

mon été ? rempli de vent dans les cheveux, et sur la peau nue, de terre sous les ongles, d’éraflures aux mains, de douleurs à l’omoplate, et aux os du pied, de parfums de roses, de pelouses mouillées, de sous-bois, de levers de soleil, de frôlements d’ailes de papillons, et de pigeons, de caresses d’herbes, de feuilles, de boue, de pluie sur les épaules, de chemise collée, de saveurs de fraises, de miel de trèfle, d’accolades, de câlins, de sourires, même d’inconnus, de méditation sur la nécessité d’accord avec le monde, de trouver la bonne fréquence

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pan


il imite le chant d’oiseaux en sifflant dans ses doigts, qui frétillent pour produire des trilles, il appelle ça la flûte à mains

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tarmac


je dépense depuis l’adolescence
l’énergie du désespoir
à ton approche j’aurai un étourdissement
au mieux j’atterrirai
dans tes draps

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plat


à midi la fleur se déploie
écrase son ombre
la saupoudre de safran

tu effaces ton profil
je n’ai pas d’autre choix
que de te regarder en face

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géographie


le rêve m’a bu
et je suis sans réponse
dans le matin
de papier blanc

pour éviter ta rue
et un chagrin
je fais un détour

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eux


la mère attache le plant
de tomate après le tuteur
avec un vieux bas de nylon

le père abandonne un des enfants
au bord du chemin en plein bois
il leur apprend la cruauté

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