contact

évasion

dans les camps de bûcherons, les tranchées, les prisons, le maquis, les cases d’esclaves, les cafés d’exilés, on raconte des histoires, pour tromper l’ennui, certes, mais aussi pour voyager, les mots contiennent de la durée et de l’espace, c’est un travail de réparation

commenter

pie

hier soir, au téléphone, j’imaginais mon interlocutrice adresser à son conjoint ce signe de la main, vous savez, les 4 doigts réunis qui battent contre le pouce, pour évoquer un moulin à paroles, j’ai honte

commenter

graver


au parc de l’espoir, dans le village, une partie de ma vie s’entortille comme du ruban, ce matin, au piano public, un copain à moi, poète de son état, se délie les doigts, ça l’amuse d’autant plus qu’il se met en retard à son travail de cuisinier, il se souvient encore d’une longue promenade sur la montagne, c’était en 2006, il saurait vous préciser la date, il avait 18 ans, je l’écoutais

commenter

classe

j’ai un voisin très hautain, limite méprisant, il ne se prend pas pour une merde, en tout cas, toujours élégant, pas un poil qui retrousse, je viens de le croiser alors qu’il disait au fil de son cell : mais c’est-tu de quoi que, elle, elle aimerait faire ?

on ne peut pas tout avoir

commenter

prédestiné


un ami souffre d'une affection cutanée, il obtient un rendez-vous avec un dermato, le docteur gratton, ça ne s’invente pas

commenter

diplôme


en cette saison, les mamans publient des photos de graduation de leur grand garçon, c’est peut-être une carpette, ou un monstre, qu’importe, du moment qu’il réussit dans la vie, et il est si élégant en costume-cravate

commenter

morale

c’est toujours à la fin d’un travail qu’on en comprend les exigences, qu’on apprend à le faire

commenter

mère


il y a des deuils aigus, on n’a pas le choix, il faut y descendre, à moitié vivant, aller jusqu’au bout du manque, du creux, explorer les replis de l’empreinte, faire le compte des dettes, des redevances, trancher les derniers nœuds, puis remonter

commenter

keep calm

ton flegme très british quand l’orage nous surprend, les gouttes accrochées à ta barbe, ton bébé dans le harnais, pas davantage ennuyé, hérédité

commenter

we


ça ne dure qu’une heure
tous les 10 ans
assis tantôt par terre
dans le hall de penn station
là autour d’une table
déchaussés rajeunis
œufs brouillés pesto
il y aura de la grêle
des bourrasques à nous jeter
les uns contre les autres
ravis définitifs

commenter

publicité

tout mode de vie est éminemment politique, dès lors, peut-on imaginer qu’une sédition trouve à s’exprimer dans une forme, une esthétique, une posture ?

c’est une question de bourgeois : pour se donner du style, il faut en avoir les moyens, le prolétaire ne réfléchit pas dans ces termes-là

de jeunes hommes sans revenu ni maison ni voiture prétendent revenir à l’état sauvage, dont ils sortent cependant pour accorder des entrevues

la résistance ne s’en vante pas, nous qui parlons sommes des tricheurs

commenter

accro

j’ai développé une dépendance au drame, quand je n’ai aucun motif d’inquiétude, je m’en invente, ça relève de la fuite et de l’autodestruction

commenter

équipe


un jeune papa, aux gamins (dont le sien) qui galopent dans la ruelle armés de pistolets à eau : là, vous jouez ensemble, pas les uns contre les autres

comme ils râlent un peu, il ajoute : prenez des ennemis imaginaires, c’est tout... trop cute

commenter

étymologie

monstre : prodige qui avertit, indique, de la même racine que montrer, démontrer, c’est le contraire de cacher

commenter

inverse


on ne dira jamais assez l’importance dans nos vies de l’irrationnel, de l’illogique, c’est une sédition, à l’encontre du canon de l’efficacité

commenter

lui


ta casquette marine
toi qui n’as jamais navigué
l’odeur inscrite
en haut de l’escalier
tu essaies de m’embrasser
dans le quartier chinois
un vieillard a la même
en feutre l’épicier
la tienne a disparu
sur la photo tu la portes
tu n’as pas su t’incliner
splendeur noire ou rouge
le matin du départ
tu as glissé sur la passerelle
ton bedon tes bras courts
à défaut de t’abolir
j’imagine des caravelles
dont tu briques le pont

commenter

jamais


en 2011, je ne voulais pas tenir un blogue, ça risquait de me distraire de mes (très nobles) activités de romancier, le concepteur graphique du site a beaucoup insisté, 1 300 billets plus tard, je lui en sais gré : je m’en viens pas pire en photo

commenter

side line


un ami m’interpelle : tu te mets à écrire des pensées d’agenda ? c’est une seconde carrière ? ciel ! je suis démasqué

commenter

cool

chaque matin, me réveiller encore, entier, valide, y trouver matière à étonnement, bientôt à célébration

commenter

existentiel


à la terrasse du café, un garçon est plongé dans sartre, ses jambes nues sont couvertes d’éraflures, il a dû prendre une méchante fouille en bicycle

commenter

subjectif

l’amour de la nature est toujours relatif, on cultive les roses pour les voir fleurir, pas pour nourrir les chenilles et pucerons qu’attirent les boutons

commenter