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guérir

l’anse du panier
pollen rebelle
soie écarlate
l’arête du mensonge
nos flancs heurtés
l’envergure du printemps
vivre

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couchant

cette heure
le violet fait ciel
plus d’ombre
l’érable fond
des chauve-souris
une mère appelle
la fille l’ouest
que du gris soudain

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matin


un moineau prend son bain dans le plat d’eau que je laisse sur mon balcon, et ça me touche comme un cadeau

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temps


il est des phénomènes qui ne s’observent qu’au prix d’une patience de chat

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toxique


il est arrogant, imbu, terrorisé, bref mon double, en l’écoutant, je mesure à quel point je casse les pieds des quelques irréductibles qui m’entourent

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cécité


au jardin botanique, deux visiteuses qui s’interrogent sur le nom d’une plante se tournent vers moi : désolé, mesdames, je suis un puits d’ignorance

et je n’ai pas assez d’yeux pour tout voir

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crochets


la figurine le compas
le bois verni le bol de grès
l’odeur des fruits
les chants des corneilles
des vérités auxquelles
suspendre ta vie

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se commettre

sur les fesses de bouc, un trentenaire n’annonce jamais qu’il relève un défi, réalise un rêve, ou lance un projet, non, c’est trop banal, il utilise un vocabulaire plus alarmiste : il se met en danger

le pauvre chou

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impotence


je photographie le monde en prévision du jour où je ne pourrai plus marcher à sa rencontre, je me rabattrai sur les images que j’en aurai tirées

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grâce

certains cherchent une consolation dans la fréquentation des grandes œuvres, je n’ai pas de peine ni besoin de réconfort, je trouve dans la terre une vérité

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promenade


ce matin-ci cette lueur-là
le sentier les joncs
les parfums élastiques
je vais sans chercher
tu me manques
ta disposition à croire
l’évidence de tes mains
le chien couché de tes appétits
je m’égare
l’inactuel bruit

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