contact

revenant

une dame se confie sur facebook : je ne m’y connais dans l’interprétation des rêves, mais quand mon regretté papa apparaît dans les miens, je me dis que c’est sa manière de communiquer avec moi, oui, oui, c’est sûrement ça, prochaines étapes : il va prendre le contrôle de ton cell, et du lave-vaisselle

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aplomb

équilibrer exigence et droit à l’erreur, fermeté et tendresse, éviter la rigidité aussi bien que la complaisance, je parle d’écriture

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nouveauté

dans le ciel de la toile, suspendue là depuis des années, un détail jamais remarqué avant, la vie est parfois lente à donner

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épuisé

l’artiste soucieux de briller soigne son image, et ses relations, il court les premières, lancements, vernissages, cocktails, flatte bureaucrates et promoteurs, multiplie les courbettes, accepte un job alimentaire, guette les appels de contribution, envisage d’improbables collaborations, remplit des formulaires, dresse des budgets, ajuste ses idées aux conditions des programmes, collectionne les refus, et recommence, à l’heure de créer, il n’a plus ni énergie ni authenticité

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motifs


un homme de 45, 50 ans vient de perdre son père, il publie sur facebook sa dernière photo, prise à l’hôpital quelques heures avant la fin, accompagnée d’un long, long texte, qui mêle hommages, anecdotes et déclarations, où il exprime son attachement, sa reconnaissance, ça me fascine, que cherche-t-il à faire exactement, qui veut-il convaincre, et de quoi, pourquoi sent-il le besoin de prendre à témoin son carnet d’adresses ?

j’ai écrit pendant l’agonie de ma mère, pour m’excuser de ne pas l’aimer comme il faudrait

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mendier


au pied de l’escalier mécanique, un jeune homme brandit un carton sur lequel on lit : j’ai tellement faim que je mangerais une volée

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surplace


le petit garçon désigne une pelle à sa taille, la maman dit non, mon chéri, pas rose, et se tourne vers la vendeuse : vous ne l’avez pas en bleu ?

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rutebeuf

l’annonce du décès d’un vieil ami me ramène loin en arrière, révèle du coup une somme d’absences, les visages, les noms de ceux que le vent a dispersés, je n’aime pas le passé

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