contact

misanthrope

les jours de fatigue ou de faiblesse, il m’arrive de me dire que l’être humain n’est pas aussi imbécile que la vie me l’a pourtant enseigné, et qu’une fraternité est encore possible

bienveillant, voire candide, je pars alors à la rencontre de l’autre

systématiquement, je tombe sur un frustré qui m’impose une règle absurde pour l’unique plaisir d’exercer sa misérable autorité

et je rentre penaud dans ma caverne

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comptabilité

c’est dans notre méritocratie que germe l’idée selon laquelle la mort est injuste

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itinéraire

j’ai épierré seul ma parcelle
allumé des feux de broussailles
creusé des grottes et des puits
suivi des loups
jusque dans la doublure
des paysages

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quantifier

qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ? se demande-t-il, c’est une équation capitaliste : j’investis, j’attends du rendement, je fournis un effort, il me faut un résultat, et que devient l’insignifiant et formidable plaisir d’être ?

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zèle

j’ai 9 jours, nous sommes en décembre, ma mère m’enfile un pyjama que mes aînées ont usé, il y manque le bouton du haut, elle utilise, pour le fermer, une petite épingle de sûreté, les bébés, c’est bien connu, n’ont pas de cou, est-ce moi qui remue ou elle qui fait un faux mouvement ? toujours est-il qu’elle me déchire la peau sous le menton

ça laissera une marque, un ourlet, qu’un médecin fera disparaître beaucoup plus tard, pour ne pas gêner le rasage

je m’ennuie presque de cette cicatrice, emblématique

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férié

merci à ceux qui me supportent, dans la double acception du terme : m’endurent et m’appuient, qui m’écoutent et m’entourent, merci à ceux qui aiment ce que j’écris, à toi qui lis ce billet, je vous rends grâce

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piège

pour accéder à une tribune où il soit possible de déclarer : je m’objecte à tout compromis, il faut déjà en accepter

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