contact

propagande

celui qui, dans son sous-sol, s’invente un dieu, dont il veut rester l’unique adorateur, sera taxé, au mieux, de douce folie

croire (à l’astrologie, aux ovnis, aux revenants ou à jésus, comme système d’explication du réel) n’est possible et viable que dans la communion, le rite, l’organisation, la religion, la hiérarchie

la foi n’est jamais privée, elle implique prosélytisme

commenter

élan


à tout instant, dans la compagnie des humains, on trouve motifs d’émerveillement et d’impatience, racines du désir

commenter

nous 2

des strates
y plonger les mains
brouiller les signaux
chaque matin inventer
la serre abandonnée
où des palmiers dépérissent
les rouleaux de feuilles mortes
que le vent d’automne
a poussées dans l’entrée
notre histoire s’écrit
en pleins en creux
trop de lieux d’adieux
nécessaires
la soif actuelle
et le bassin de la fontaine à sec

commenter

indifférence

dans ce pays, on peut signer des dizaines de recueils, remporter des honneurs, devenir éditeur, et crever dans un anonymat quasi complet

commenter

10-4

sur facebook, une mère fait paraître une longue lettre adressée à son fils, qui s’est suicidé il y a quelques années, j’ai 2 questions, est-on certain qu’il a un compte ? a-t-il répondu ?

commenter

errances


le quotidien d’un retraité est meublé de riens, arroser les plantes, passer le balai, se promener, écouter le concert des oiseaux cachés dans les thuyas, et celui des enfants dans la cour de récréation, apercevoir à travers une fenêtre le coussin de vison réservé au chat de la maison, toute vie est futile, si on y regarde de près

commenter

chialage

des opposants à l’administration de l’arrondissement déplorent la fermeture de 2 succursales d’une multinationale américaine, tristement célèbre pour ses pratiques d’évasion fiscale, je ne vais certainement pas me mettre à pleurer

commenter

météo

entendu de la bouche d’une fumeuse sautillant sur place à la porte d’un restaurant : ce serait moins pire si il ventrait pas

commenter

fables


de grands médias ont désormais un service de décryptage, ça s’appelle l’épreuve des faits, les décodeurs ou désintox, le but est de contrer la désinformation, qu’elle émane des pouvoirs publics, des entreprises ou des groupes de pression, et de remettre les pendules à l’heure, en s’appuyant sur des données vérifiées, inscrites correctement dans leur contexte, mais n’est-ce pas la tâche première du journalisme ?

commenter

tonus


en vieillissant, vous remarquez que votre endurance diminue, vous ne pouvez plus fournir un effort physique ou intellectuel soutenu, même la lecture fatigue, vous devez vous arrêter de temps à autre, reposer vos yeux, vos méninges, réduire la dose, avec l’âge, tout devient homéopathique

commenter

mesure


il y a 20 ans, ils étaient tous vivants, mes ex, mes parents, mes beaux-frères, on ne m’avait pas opéré dans la tête, j’habitais rue chapleau, locataire, j’écrivais, mais pas dans l’intention de publier, je ne connaissais pas la plupart de mes amis actuels, je ne riais pas de mes maladresses, il y a 20 ans, j’étais quelqu’un d’autre

commenter

visions


tu nourris les moineaux parce que tu aimes les entendre, si je traduis dans ma langue, ton balcon est couvert de fientes

commenter

clown

c’est un auteur essoufflé, une photo récente de lui dans un accoutrement loufoque a fait plus de bruit que son dernier roman, c’est dire

commenter

tonnerre


on le sait, le nombre de décès est plus élevé l’hiver que l’été, ainsi, depuis quelques semaines, des idoles tombent comme des mouches

une poétesse, qui serait classée trésor national si tous convenaient du génie qu’elle s’attribue, peste sur son blogue : je suis tannée de la mort, j’en peux plus

on imagine sans peine les répercussions de sa déclaration sur le cours des choses

commenter

exhibitionnisme


un enfant de 3 ans exécute un dessin à la gouache, que ses parents envoient à sa grand-mère, à qui il est destiné

qu’est-ce qui, excepté le nombrilisme, la soif exorbitante de compliments, justifie que ça transite par facebook ?

commenter

dring

bonjour, c’est la librairie, le livre que vous avez commandé est arrivé

enfin une raison de vivre

commenter

outremont

l’art n’est pas un oreiller
où te reposer le ventre
c’est l’opposé du moelleux
ça pique et saigne
tessons de bouteille
cris de condamnés
vacarme de cimetières
hurlement des marbres
photo prise à l’extérieur de l’école

commenter

art

j’adore aller au musée le mercredi soir, c’est demi-tarif, ça attire beaucoup de jeunes, je m’intéresse moins aux expositions qu’à leur attitude à eux, j’écoute leurs commentaires, plaisanteries, interrogations, analyses, j’étudie leur manière de regarder, certains prennent des photos, et plein de notes, le nom de l’artiste, le titre de l’œuvre, barbouillent dans leur cahier de croquis, ils vont travailler à partir de ce qu’ils voient, d’autres sont capables de rester immobiles de longues minutes, devant une toile, un dessin, une photo, une sculpture, on dirait qu’ils attendent d’être happés, frappés, disponibles, d’une générosité rare

dans la salle où est projetée une longue vidéo, debout contre un mur, un garçon pose la tête sur l’épaule de son amoureux, un hipster tient sa blonde par la main

commenter

conflit


la famille est le lieu premier de la guerre, qui ne peut se résoudre que dans de nouvelles alliances, celles-là consenties

commenter

boycott

entrer en résistance : ne plus participer, s’exclure, revenir à la terre, cultiver son jardin, prêter ses outils, fermer la télé, fabriquer son savon, tricoter, s’instruire, regarder le bleu du ciel avec attendrissement

rejeter les maîtres, le carton-pâte, la simplification, ne pas célébrer la saint-valentin

1 commentaire

aigre-mou

dans le corps, des raideurs, scléroses, des os qui font mal, duretés sous la chair qui, elle, se détache, flasque, s’affaisse

commenter

repli

lorsque nous perdons nos repères les uns après les autres, que disparaissent nos parents, oncles, tantes, parfois même des amis d’enfance, que s’éteignent les étoiles qui ont guidé nos pas, ces artistes, poètes, musiciens qui ont façonné nos perceptions, que nos réseaux se dégarnissent, que le jardin ne produit plus, comme il est tentant de nous rabattre sur des souvenirs, miettes du passé, aveuglantes, comme il est facile de ne plus danser

commenter

entêtement


à tort, elle attribue une citation à kafka, je lui signale son erreur, elle s’emporte, qu’importe, me répond-elle, moi, j’y crois…

commenter