contact

contre proust

quand une sensation réveille en vous un pan du passé
si une odeur, une lumière vous ramène en arrière
résistez
c’est le présent qu’il faut savourer

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pâlir

chaque jour je m’exerce à disparaître, à perdre le regard des autres, devenir invisible

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protestataire

souvent, les vieux intellectuels publient leur bilan, leur testament, ils admettent qu’ils ont eu tort, mais soumettent des circonstances atténuantes, les voilà qui s’émeuvent, ridicules comme des midinettes, devant une nature dont ils ont fait peu de cas auparavant, sentent le besoin de se réconcilier avec leurs opposants, se remettent à avoir la foi, bref, ils se couchent, prudents

y en a-t-il un qui pestera jusqu’au bout ?

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contrepoids


la bonté n’est pas le propre de l’homme (le dauphin en est capable), encore moins le fruit d’un enseignement divin

disons plutôt que le principe général de préservation du vivant, à l’œuvre dans tout ce qui bouge, à la manière d’un instinct, ou d’une programmation génétique, détermine des courants de sympathie et de solidarité, aussi tangibles que la cruauté et la prédation

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assumer

on ne trouve pas le bonheur, on l’érige
l’identité n’est pas donnée, on la définit
c’est comme ça qu’on se met au monde

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frein

la poésie se mesure avec le réel, elle le façonne, le questionne, le célèbre ou le déplore, le conteste, le formule, mais n’ira pas le coiffer d’une surnature, inventer dieu

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enregistrement

à un moment de la conversation, il me confie : j’ai beaucoup aimé le billet où tu dis que la mélancolie est la conscience du fini

moi : j’ai écrit ça ?
lui : euh oui…

(j’ai vérifié plus tard, ça remonte au 7 août)

lui : comment peux-tu publier un truc pareil et l’oublier ensuite ?
moi : heureusement, j’ai des lecteurs, ils ont de la mémoire

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forêt

près du sentier, étendu de tout son long, un bouleau tombé, l’écorce, si caractéristique, reste intacte, alors qu’à l’intérieur, le tronc se décompose, s’affaisse, diminue en volume

comme si, d’un cadavre humain, les muscles fondaient sans altérer le galbe de la peau

l’ami à qui je fais part de mes observations me dit : tu t’émerveilles encore

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dieu

s’il existe une force derrière la création, s’il y a une volonté qui anime l’univers, nous ne pouvons l’appréhender avec nos petits instruments de pensée, seul un enfant autiste en serait capable, parce que son esprit ne connaît pas de barrière

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posture

être artiste, c’est partir à la rencontre de l’autre, en menant une existence différente de la sienne, c’est proposer un nouvel abord

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danger

j’ai lu quelque part que la poésie rend la vie complète, c’est drôle, je dirais exactement le contraire, elle met en relief le manque, l’imparfait, ce qui est à pourvoir, elle n’apporte aucun réconfort, elle déchire, ébranle les certitudes

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urbanité


au coin de la rue, un homme et ses 2 fistons ont interrompu leur promenade pour écouter un groupe de musiciens, à un moment, le plus jeune, très impressionné par la contrebasse, dit à son père : c’est ça que je veux faire

dans le parc, une classe du primaire, cours d’éducation physique, les enfants font du jogging dans les sentiers, sur le trottoir, 2 vieux ouvriers des travaux publics les observent, ils portent des dossards fluorescents, l’un interpelle son collègue : regarde, il y en a qui courent bien, ils ont un beau style

les surprises du vivre-ensemble

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au-dessus

tolérance et intégration est 2 mots détestables, qui supposent une position de domination (quasiment le bon vouloir de la couronne), et non une relation (républicaine) d’égalité

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émancipation

dans la rue, un homme d’une cinquantaine d’années et une jeune femme, c’est sa fille, marchent derrière moi, seulement quelques pas nous séparent, je n’ai même pas besoin de tendre l’oreille pour suivre leur conversation, il est question de son appartement à elle, le premier, si je comprends bien, et d’un différend avec son propriétaire, à un moment, elle laisse paraître son exaspération

elle : je suis assez grande pour me débrouiller, j’en ai assez que tout le monde s’en mêle

lui : voyons, ma puce, c’est des conseils que je te donne

elle : oui, je sais, je l’apprécie, mais j’aimerais seulem…

lui (l’interrompant et reprenant le fil de son idée) : alors, voici ce que tu dois faire, tu vas lui envoyer une lettre recommandée…

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