contact

on off

grand brassage d’idées sur la télévision, comment en expliquer l’indéniable attrait, en dépit de ses lacunes criantes ? n’assiste-t-on à une dérive, à une spectacularisation à outrance ? comment la rapprocher de nos valeurs et aspirations ? euh… quelqu’un a pensé à la fermer, tout simplement ?

commenter

terminologie


où est le peuple ? c’est celui qui descend dans la rue, proteste, démolit ses casseroles à force de taper dessus ? ou c’est la majorité dite silencieuse, qui reste effouérée devant sa tévé ? est-ce l’électeur, par définition protéiforme, ou le contribuable (l’un ne coïncidant pas nécessairement avec l’autre) ? c’est l’usager qu’on fait attendre partout, aux urgences, dans les officines des gouvernements, au bout du fil, à l’arrêt d’autobus, sur le quai du métro, sur le tablier des ponts, sur des échangeurs chambranlants ? le peuple, c’est le gagne-petit, par opposition au riche, au dirigeant, au 1 % ? c’est celui qui relaie le discours ambiant ou celui qui y résiste ? il est infiniment plus facile de parler de la population, du public, le peuple, on ignore ce que ça signifie

commenter

envie


ça se passe pendant une manifestation, les mouvements de la foule nous jettent l’un contre l’autre, hein, c’est toi ? qu’est-ce que tu fais ici ? c’est ma petite-nièce, mignonne, allumée, créatrice, entre 2 slogans, nous bavardons, elle vient de rompre avec son chum, le beau blond ? oui, je l’aime encore beaucoup, je ne peux rien lui reprocher, seulement, je sens qu’il ne sera pas l’homme de la vie, j’ai un petit rire, ça sort tout seul, tu es capable de savoir ça à 20 ans, toi ? elle me regarde avec une curieuse expression, sourcils froncés, il y a un âge ? euh, non, bien sûr que non, mais tu n’as pas idée du temps qu’il m’a fallu, à moi, pour voir aussi clair dans mes besoins et dans mon cœur

commenter

instantané


le livre idéal s’élabore en ligne, je veux dire : il n’y a plus de raison, de nos jours, d’attendre après un imprimeur, aucun intervalle ne devrait séparer l’événement à raconter, collectif ou personnel, politique ou amoureux, son écriture et la lecture, de la même façon qu’une photo est diffusée dès la prise de vue, prônons un texte vivant, bouillonnant, immédiat

commenter

allégorie

parce qu’il implique une division, tu as les blancs, je prends les noirs, chacun son rôle, le bon, le méchant, le partenaire, l’adversaire, le jeu reproduit toujours la guerre, la dispute d’un territoire de chasse, une conquête

commenter

nantir


j’y songeais dans la rue tout à l’heure : quelle définition donner de la pauvreté ? ce n’est pas une simple affaire de chiffre, il ne suffit pas de fixer un montant, un seuil, en deçà duquel, hop, elle apparaît, et au-delà duquel, boum, elle se dissipe, prenons le cas de l’artiste, qui tire souvent le diable par la queue, il détient en revanche des richesses symboliques, l’éducation, la culture, le talent, la langue, doit-on le considérer comme démuni, à l’égal du rentier qui peine à joindre les 2 bouts ou du jeune des quartiers populaires, sans formation ni débouché, qui vit d’expédients, de travail au noir, de combines louches ? au fond, elle dépend peut-être moins du revenu que des possibilités, elle est éminemment sociale

commenter

cause toujours

c’est pas toi qui réussiras à me convaincre que j’ai besoin d’un char, d’un nouveau look, d’un voyage dans le sud, d’une chirurgie, d’un espace haut de gamme, de trucs en plastique, d’un miracle technologique, de l’avis d’un expert, d’un soin personnalisé, et que j’en ai toujours rêvé, que la solution est en moi, c’est pas toi qui me donneras envie de tenter ce que tu appelles pompeusement l’expérience client, c’est pas toi qui vas organiser mon calendrier, décider de mes vacances, de mes sorties, des occasions d’offrir des cadeaux, c’est pas toi qui vas m’apprendre à me comporter avec ceux que j’aime, et à le leur prouver, c’est pas toi qui vas me dire quel resto, quel bar, quelle boutique fréquenter, quels romans lire et dans quel ordre, quels disques écouter, qui est le meilleur gardien de l’histoire, quelles chaussures porter, quels loisirs pratiquer, de quelles aubaines profiter, de me précipiter chez le détaillant, d’appeler dans les 15 prochaines minutes, d’être parmi les 10 premiers, le top 5, les 3 finalistes, quelle pilule prendre, à quelle heure, quoi manger, à quelle fréquence chier, pour qui voter, quelle cause épouser, comment cruiser, me faire jeter, m’en remettre et perdurer, décompresser, me recentrer, augmenter mon estime, réduire mon cholestérol, faire le deuil de tout le temps que tu me fais perdre, des illusions que tu salopes, préparer ma retraite, la prendre, m’effacer, mourir dans la dignité, entendre : sans faire de bruit ni déranger personne

commenter

compères


3 petits vieux, septuagénaires, ils sont voisins, de santé plus fragile, bien sûr, le cœur usé, leur médecin leur recommande de marcher après les repas, pour faciliter la digestion, et de ne plus fumer, de grâce, alors chaque soir, sortis de table, ils se retrouvent dehors et vont jusqu’au coin de la rue, où ils échappent aux regards et à la voix de leurs bonnes femmes, ils allument une cigarette, qu’ils savourent tranquillement, sans parler

commenter

olympe

sur facebook, des intellos en manque de divertissement discutent de la valeur de nos auteurs, on les compare, on s’efforce de les classer, lesquels se démarquent suffisamment pour être qualifiés d’incontournables, qui mériterait le titre enviable d’écrivain culte ? c’est toujours le même jeu imbécile et macho, on cherche qui a la plus grosse

commenter

jaune


le petit se tient debout entre les cuisses de son père accroupi, qui lui passe sa veste de laine, ok, l’autre bras maintenant, la mère les rejoint, se penche vers l’enfant, l’embrasse, il s’écrie, ravi : un bisou de baleine, il irradie

commenter

déformation


on me répète que je trace un portrait idéalisé de la jeunesse, parce que celle que je côtoie dans le quartier ne serait pas représentative, que je traverse le pont pour m’en convaincre, n’empêche, même marginale, elle est bien réelle, magnifique, solaire, inspirante

commenter

faire


la poésie se révèle dans le mode de vie, elle est rarement dans le poème, trop morose, ou obéissant

commenter

menace

j’accorde peu de crédit au passé tellement il est contestable, j’ai des souvenirs dont je ne sais plus s’ils se rapportent à des événements qui se sont vraiment déroulés ou si c’est moi qui les ai mis en scène, je peux affirmer, en revanche, que j’étais un enfant triste, timoré, taciturne, toujours sur la défensive, sans confiance ni en moi ni dans la vie, je voyageais sur le siège éjectable

commenter

paravent

c’est un poète, qui travaille par soustraction, il biffe des prépositions, conjonctions, compléments, adjectifs, il retire aux mots leurs accessoires, pour les mettre à nu, et les lancer les uns contre les autres, pour entendre le bruit que ça fait, il n’est pas certain de savoir ce qui l’anime, ce qu’il veut dire, et ne se pose pas trop la question, il ne cherche pas non plus à être compris, il n’y tient pas, il se cache derrière son cri

commenter

dernières volontés

dans mon rêve, une très vieille femme ; au prêtre dépêché à son chevet pour lui administrer les derniers sacrements, elle demande de la tirer aux cartes, full sérieuse

commenter

apprentissage

laver la vaisselle, se dire : il faut que j’appelle maman, pour lui raconter que j’ai réussi à vendre une toile, elle va être contente, avec les sous, je pourrais même l’inviter au resto, ça lui ferait plaisir, se souvenir bêtement qu’elle vient de mourir, plier les genoux, s’asseoir par terre, pleurer, avoir 22 ans, éprouver un premier deuil

commenter

café

j’ai pris un cookie aux smarties, que je grignote debout près du comptoir tandis que coule mon allongé pour emporter, je plaisante avec la femme du proprio, d’humeur taquine, des clients parcourent le journal, ou pianotent sur leur tablette, une maman allaite, je connais un instant de grâce, qui goûte bon, je suis heureux d’être là, d’avoir la vie que je mène

commenter

aristocratie


les monarchies, le vatican et la mafia sont des vestiges de l’ordre ancien, unitaire, cohérent, féodal

commenter