contact

nerfs

Pourquoi redouter le vide ? demande en ricanant le philosophe. Vous y étiez avant de naître. En effet.

On s’élève de la poussière pour y retomber. On émerge des ténèbres pour y replonger.

Mais, dans l’intervalle, on aura éprouvé la plénitude de l’incarnation. C’est à ça justement qu’on s’attache.

On angoisse de perdre la sensation.

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prétention

Du haut de sa tour d’ivoire, et de sa chaire de professeure, la poétesse s’exclame : j’habite le langage. Wow… Quel peintre affirmerait posséder la couleur ?

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terminus


ta voix
je la porte en moi
c’est l’héritage
inutile de chercher
déjà supprimés tes pas
entre nous un mur
définitif
on peut voir
les strates la géologie
les sédiments
partout des artéfacts de toi
verre brisé bois pourri
bouts de rêve berceau
des cailloux dans mes bottes
salopées de boue
j’avais de l’or sans le savoir
et de l’avance au rendez-vous

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salon

Elle me considère avec mépris. Je devine ce qu’elle pense : c’est un inconnu, lui, on ne l’a jamais vu à la tévé, un autre loser. Elle prend le livre, le retourne, lit la jaquette. Ça parle de quoi ? Je l’ignore, madame. J’écris ce qui me presse. C’est seulement après coup, des années plus tard, que je comprends ce que j’ai voulu dire. Revenez demain…

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broyeur

Les pelleteux de nuages, les utopistes, ce sont ceux qui supposent la croissance infinie de l’économie. Se comportent comme s’ils appartenaient à une race d’élus, croient que leur carte du parti les protège, refusent d’admettre qu’à la première occasion, on va les congédier et sabrer dans leurs prestations de retraite.

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autonomie


À 30 ans passés, il sollicite ses contacts Facebook pour régler des problèmes du quotidien : comment traduire telle expression en espagnol, qui connaît un plombier pas cher, vous avez une recette de pâté chinois végétarien ? Aussitôt, un paquet de bonnes femmes, de matantes et de gais en mal de maternage l’abreuvent de conseils. Personne n’a l’amitié de l’envoyer chier, en lui disant de se débrouiller tout seul.

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continent

Dans les émissions littéraires de France Culture, on célèbre ce qui m’est souvent reproché ici : la brièveté, l’ellipse, le sous-entendu, l’espace imparti à l’initiative du lecteur. J’entends le comique au fond de la salle qui chuchote : déménage.

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déroute


À la fin, tout le monde se lève pour applaudir… de soulagement. Oui, la pièce traite de la mort, mais l’auteure réussit à faire rire. On n’en demande pas davantage.

Malaise flagrant chez les baby-boomers. Ils ne savent pas comment réagir à l’imminence de leur disparition. Évidemment, il ne serait pas raisonnable de renouer avec les bondieuseries qu’ils ont combattues avec ardeur. Mais ils ne peuvent pas non plus se résoudre à conclure leur trajectoire 6 pieds sous terre, sans appel. Des poètes et auteurs de cette génération, se gardant d’évoquer une divinité ou un quelconque paradis, mettent leur talent de l’image et de l’aphorisme à faire miroiter une éternité de l’âme, une persistance de l’énergie, une victoire sur l’oubli. Bref, c’est la panique générale.

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à poil


Vidéo. Il est à poil dans sa chambre, assis devant son ordi. Il va se branler, et gicler en réprimant ses gémissements. Mais, avant toute chose, il se coiffe d’un bonnet de laine, comme si l’accessoire était indispensable. Coquetterie ? Fétichisme ?

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régime

Des grassettes se congratulent sur Facebook. J’ai perdu 4 livres depuis samedi passé. Moi, je me mets à la marche, 10 km au moins 2 fois par semaine. La prochaine étape : manger de plus petites assiettes… Des soucoupes ?

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abstinent

Au théâtre. Je suis assis à côté de 2 jeunes hommes, fin vingtaine, grands, élancés, plutôt mignons, avec leur barbe mal taillée, leur peau claire. Ils n’arrêtent pas de se toucher, le genou, l’intérieur de la cuisse, le coude, la joue, le poignet, comme pour s’assurer de la présence de l’autre, et l’empêcher de s’échapper.

Ça me fait penser à l’alcool. Mes amis en prennent. Je le renifle parfois au-dessus de leur verre. Mais j’ai oublié ce que ça goûte.

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spéculation

On le sait : de nos jours, le capital est mieux rémunéré que le travail. Et le marché se caractérise par une abstraction croissante, une sophistication débridée. On peut faire fortune en misant sur des hypothèses financières. L’économie réelle, celle de la production de biens et de services, se révèle à peine nécessaire.

Certains sont pourtant convaincus que la création d’emploi est une priorité du système. Naïveté touchante, je trouve.

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contrefaçon

Un contreplaqué, sur lequel est peint un personnage de foire, désopilant ou monstrueux, un trou à la place du visage. Suffit-il d’y glisser le sien pour refaire sa vie, échapper à son sort ? C’est un principe de la fiction : se sauvegarder dans un corps d’emprunt.

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humiliation

On le constate ces jours-ci : les intellectuels sont de mauvais perdants. Ils digèrent mal l’écrasante victoire du douche bag, du bouseux, du gros cave, et de son cousin. À pleines pages dans les blogues, à pleins décibels sur les ondes, ils étalent leur désarroi. Amers, déçus, désemparés, ils cherchent des explications, des causes, des coupables. Menacent de s’exiler. Et vont jusqu’à injurier le peuple, déplorant son indécrottable bêtise.

En plus, le Canadien gagne. La foule est en liesse.

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genèse


La poussée irrésistible des bourgeons. Le voile oblique de la pluie. Le plumage cendré du moineau. Les pétales d’une fleur d’hibiscus en pot, on dirait du crêpe.

Il me semble que la nature est infiniment plus fascinante dès qu’on admet qu’elle n’est pas destinée, qu’il n’y a pas de conscience à son origine, que Dieu (qui n’existe pas) n’a rien à voir là-dedans.

Que ça s’est fait tout seul.

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académie

Quand vous vous coupez, le sang ne coule pas tout de suite, il met peut-être une seconde, un temps très bref, en tout cas. Dans ce minuscule interstice du réel, on peut stocker beaucoup de sens, entretenir des suppositions, des magies, concevoir de grandes histoires, des sagas. C’est chargé et très fécond. Tout le projet de l’art se résume là : remplir l’espace entre la blessure et son écoulement.

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mur

Inquiet de l’apathie avec laquelle ont été accueillies de récentes décisions gouvernementales, un commentateur lance dans son journal un vibrant appel à la mobilisation. Mais on ne fait que ça, signer des pétitions, écrire à nos députés, alerter nos réseaux, diffuser des tracts, assister à des shows engagés. Et il ne se passe jamais rien.

Changer la méthode.

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injonctions

Ne pas vous asseoir dans l’escalier. Ne pas attacher de vélo à la clôture. Terrain privé. Interdiction de flâner. Ne pas marcher sur la pelouse. Ramassez les crottes de votre chien.

Ah, que l’exercice du pouvoir paraît enivrant…

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sécurité

Que faisons-nous pour repousser la mort ? Primo, nous consommons. Le calcul est simple : nous ne pouvons disparaître tant et aussi longtemps que nos biens n’auront pas été usés, engloutis, écoulés. C’est pourquoi même les itinérants ont la manie de l’accumulation.

Secundo, nous adoptons des routines. Hier, je me suis levé, j’ai travaillé, mangé, regardé la télé, fourré et je survis. En reproduisant exactement cette séquence aujourd’hui, je ne serai pas en danger.

Stratégies d’une logique imparable, on le voit.

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sectes

N’allez pas dire à une blogueuse qu’elle écrit mal, ou que son propos est stupide. D’abord, elle ne vous répondra pas. Ensuite, tous ses abonnés (ses suiveurs, hé hé) vont se liguer contre vous, pour vous faire comprendre la règle du jeu : si tu n’es pas content, va donc jouer ailleurs.

Voilà ce que créent internet et le modèle Facebook : des cellules de convertis, d’adeptes, qui défendent les mêmes causes que vous, prêts à vous applaudir avec complaisance, vous liker, vous promouvoir, sans poser de question ni débattre. Si tu as des réserves, garde-les pour toi. Le bon ton, c’est l’approbation. Surtout pas d’esclandre.

Un phénomène de plus (l’autre étant la stupeur de l’émotion, toujours très recherchée) qui ne contribue guère à l’essor de la pensée critique.

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batture

j’aime ton ombre
dans la rue nos doigts se touchent
et le temps s’ouvre
sans te célébrer
au belvédère
nous nous taisons
nos âmes d’outardes
l'horizon
et ton bec replié
sous mon aile

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éthique

Notre intelligence nous aide à fonctionner, nous adapter, répondre à la menace. Mais elle ne peut résoudre l’énigme de notre création. C’est sa limite. Il faut l’accepter. Nous sommes sur Terre pour être. Point. Comme l’exige le flot de la vie. Cette (mince) explication devrait nous satisfaire.

Maintenant, puisque nous n’avons pas le choix de nous côtoyer, aussi bien que ce soit dans l’égalité.

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démocratie

Espérer un leader, un sauveur, un grand projet rassembleur, c’est s’enferrer dans de vieux paradigmes dépassés.

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possédés

Nous n’emportons rien. Ni trophées ni argent. Ni photos ni téléphone. Nous glissons tout nus dans le néant, qui nous dissout.

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désir

tes mots de sucre
fini de ramasser des pierres
la plume bouillonne
de l’encre d’avance
tu sais toutes mes métaphores
écuelles de mendiant
pas fini de lancer des pierres
le texte repose
comme une tarte tiède

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logique

Mon grand-père parlait du mois d’avri. Il ne prononçait pas le l final, pas davantage que celui de nombril et de sourcil. C’est ce qu’il avait appris à l’école. Cohérence.

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métaphysique


Il n’y a pas de sens caché. La vie se suffit à elle-même. Elle est sa propre finalité. Elle ne tend qu’à s’affirmer, se perpétuer. C’est pourquoi nous devons mourir. Nous sommes les vecteurs et les témoins d’une formidable énergie cosmique, implacable et butée. Nos actions, nos idées ne présentent pas le moindre intérêt. Seule notre combustion compte.

C’est elle dont il faut se réjouir.

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contribuables

Relayée sur le web, une interview accordée par un patron (trop) en vue. À l’entendre, il faudrait remercier nos entrepreneurs, les pauvres choux : c’est grâce à eux et à la richesse qu’ils créent que nous pouvons conserver nos programmes sociaux...

Ça revient à dire que l’usine vaut davantage que les travailleurs qui se lèvent chaque matin pour la faire tourner.

C’est stupide, et assez effronté, quand on sait que la plus grosse part des recettes fiscales provient des particuliers et que les milieux d’affaires jouissent des largesses et subventions de nos gouvernements.

Je ne connais pas un éditeur qui tienne le coup sans auteur. Ni un musée, sans artiste.

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fusion

Nous vivons dans un monde de croisement. Les populations, les musiques, les cuisines, tout est métissé. La politique emprunte les codes du spectacle. Et la pub, ceux du cinéma. La culture épouse le vocabulaire de l’industrie. Les orchestres symphoniques flirtent avec la pop. Même les véhicules sont hybrides. Les frontières, au propre comme au figuré, se brouillent. Les cloisons se défont. Tout devient poreux. Indistinct.

Mais l’argent reste ce qu’il est. Intact.

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chorégraphie

Bouder, c’est une pose : on croise les bras, on fronce les sourcils, tête baissée, on fait la moue, lèvres avancées.

Cette gestuelle, est-ce que l’enfant l’acquiert par imitation (quelqu’un lui montre) ? Ou est-ce inné, primordial, comme le rire, les larmes ? Avons-nous un instinct passif agressif ?

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exemples

Lunch au centre-ville, avec un ami. Son père est mort l’autre année, en colère, furieux, enragé. Cet hiver, il a fallu 3 semaines d’agonie pour que ma mère, enfin, s’abandonne, à bout de souffle.

Comment nous préparer à une fin plus sereine ?

Lui : la réponse se trouve dans les philosophies orientales, et la méditation, qui nous enseigne à nous dégager des émotions, ce qui est difficile à des Latins comme nous.

Moi : en profitant de chaque perte, chaque disparition, chaque rupture pour faire le deuil de la vie, nous résigner physiquement à partir.

Vous, quels moyens prenez-vous ?

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radotage


Je reviens, en m’efforçant à plus de clarté, sur une question déjà abordée : notre prétendue dualité.

Rappel. Selon une idée répandue, que je combats, nous aurions 2 visages. L’habituel, que nous présentons chaque jour à nos collègues, nos voisins, notre employeur, nos relations, notre famille. Et le secret, auquel n’ont accès que nos amis très proches (et encore), qui aurait gardé (en partie) sa pureté originelle, que le rictus du mensonge et du paraître n’aurait jamais déformé.

Je ne reconnais que le premier.

Le second ne résiste pas à l’analyse. Plus on l’examine, mieux on comprend qu’il s’agit d’une construction mentale, d’une coquille vide, d’un moi hypothétique, sans épaisseur ni portée, flottant comme une ombre, décroché de la réalité.

Entre nous et les personnages que nous jouons, il y a forcément coïncidence : ils ne nous sont pas étrangers, mais nous révèlent.

Nous sommes le masque que nous portons. Nous n’avons qu’une identité et elle est sociale.

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hécatombe

Dans mon enfance, il suffisait d’une ballade d’une demi-heure sur la grand-route pour que le pare-brise se couvre d’insectes écrasés. Ça n’arrive plus. Ou bien on les a exterminés. Ou bien les voitures sont plus habiles à les éviter…

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inféoder


La créativité. On l’enseigne à l’université. On y consacre des essais, des thèses, des enquêtes. On organise des séminaires pour en discuter, des ateliers, qui contribuent à la propager, la célébrer. Elle a ses gourous, ses bibles, ses papesses.

En quoi consiste-t-elle ? À mettre en œuvre des compétences esthétiques et artistiques dans une logique d’affaires. À devenir plus efficace au travail, et rentable, à améliorer la performance. À enjoliver le capitalisme. Jamais gratuite ni déviante, au contraire, elle est normée comme une certification, tributaire de l’appréciation des autorités et de résultats tangibles, chiffrés.

C’est le nouveau nom qu’on donne à l’esclavage.

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extériorité

Des philosophes soutiennent que nous avons 2 identités, l’une publique, l’autre privée. Il est permis d’en douter. De quoi serait fait l’écart entre elles ?

L’intimité, la pudeur, la timidité, la dissimulation, ce sont encore des formes de relation avec le monde. Elles constituent, en creux et en silence, un mode d’expression.

Si nous devons nous raconter, dresser notre autoportrait, nous n’y arrivons qu’en évoquant des liens, des généalogies, des territoires, des amours, des réalisations, des échecs. Des faits objectifs, avérés.

Nous sommes des êtres essentiellement sociaux. Nous n’avons pas de double. Seul ce qui est montré existe.

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anatomie

Dans une revue littéraire, une auteure pourtant aguerrie publie un extrait de son roman à venir. Dès la 2e ligne, on lit : des déhanchements de reins.

Hiii… Comme disent les jeunes, c’est malaisant.

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gps


À l’intersection, un garçon attend le feu vert (ou le petit bonhomme blanc), apparemment pressé de mettre un terme à une conversation téléphonique : Ça va couper, là. J’entre dans le métro. Il faut que je te laisse.

On est à 15 minutes de la station la plus proche…

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dégel

grisaille dans la cage d’escalier
soudain la lumière
comme de l’huile
les toits pleurent
parc d’eau sentiers de boue
les oiseaux virent fous
avancer
des mots plein la bouche
en semer partout
ta main chaude
plus douce que le réel
la jaune poussière du grain

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vertu

Ici ? Es-tu malade ? c’est des champions de l’évitement fiscal, tu ne lis pas les journaux ? Ah bon, alors là ? Non plus, c’est encore une chaîne américaine.

Il faudra marcher une bonne demi-heure pour dénicher un petit café de quartier, indépendant et sympa. Constat de mon ami : C’est compliqué, être un citoyen responsable.

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faveur

Dans la fenêtre d’un logement en sous-sol, une affiche : Celui qui croit en moi ne vient pas en jugement. Il passe de la mort à la vie éternelle. Vraiment ? On a des preuves de ça ?

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nostalgie

Revisiter la biographie de Tennessee Williams. Imaginer le quotidien échevelé de Paul Bowles à Tanger. Produire de la fiction en reprenant le parcours de peintres illustres, de grands musiciens, de poètes maudits. Déplorer le présent et chercher réconfort dans l’intensité supposée du passé.

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changement


Le scandale est banal. Chaque jour, un lot de révélations : collusion, laxisme, parjure, fraude, grossièreté. On ne proteste même plus. On retourne regarder le hockey, en espérant qu’il y ait de la bagarre, même si, officiellement, on se dit contre.

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talisman


La photo de l’être aimé ne le reproduit pas, elle le prolonge, le contient. C’est un morceau de lui qu’on peut embrasser, caresser du doigt, presser contre soi. Retenir. Comme une mèche de cheveux, un poil, un slip, une écharpe. Un artéfact. Une sainte relique. La promesse de durée.

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lèche-cul


Lu dans un magazine hyperbranché : Ne pas être présent dans les réseaux sociaux, ne pas commenter le fil d’actualité d’autrui, ça équivaut à ne pas exister en démocratie. Euh… je connais des allumés, des fous, des passionnés qui méprisent le web, mais qui agissent bénévolement dans leur communauté, et la font avancer. Ils ont beaucoup plus de mérite politique que ceux qui, à longueur de journée, encensent leurs contacts par calcul.

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à l’aise

Juste avant un spectacle de danse. Dans la rangée devant moi, un garçon enlève ses bottes. C’est assez courant maintenant, je vois ça souvent, notamment dans les salles de cinéma. Mais il retire également ses chaussettes. J’y pense : dehors, il pleut à verse. Elles sont peut-être mouillées.

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exploitation

En France, on commence à faire circuler l’idée selon laquelle la création d’emplois rémunérés en-deçà du salaire minimum serait la seule solution valable pour vaincre le chômage. Summum du cynisme.

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60 minutes


À l’antenne radio-canadienne, l’animatrice soulève une question gravissime : il vous reste 1 heure à vivre, que faites-vous ? Moi ? Rien de spécial. Je continue de poster des photos de chats sur Facebook.

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désillusion

Aux abords de la station de métro, cartable à la main, 2 garçons cherchent à intercepter les passants. Ils sollicitent des dons à la Croix-Rouge.

Ils sont si mignons, si allumés et convaincus, ils ont l’œil si brillant, que je me sens coupable de leur dire non, de contrarier leur idéal, de péter (avec d’autres) leur balloune.

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hordes

L’autre midi, des enfants de l’école ont envahi les terrains de l’église voisine pour y faire des bonhommes de neige, les derniers de la saison.

Leur présence colorée et bruyante, leur appropriation désinvolte de l’espace avait quelque chose de merveilleusement rafraîchissant.

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ici

Feuillet autocollant jaune. C’était distribué l’été dernier à qui en voulait. Il s’agissait d’y relater un événement et de l’apposer sur les lieux mêmes où il s’était produit : dans un parc, à l’entrée d’un commerce, d’un restaurant, sur les murs d’une salle de spectacle ou de cinéma. Un peu partout, quoi.

Le plus souvent, les souvenirs tournent autour de rencontres amoureuses. Récemment, de petits plaisantins (misogynes) se sont amusés à poursuivre les récits pour leur apporter une conclusion.

Par exemple. Texte original : Ce soir-là, j’ai rejoint des amis. Elle était parmi eux. Son sourire et son énergie m’ont subjugué. Je l’ai revue le lendemain. Et j’ai passé la nuit avec elle. Ajout facétieux : C’est ainsi que j’ai attrapé une chaude-pisse. Ou : La salope, elle m’a fait un bébé dans le dos. Je me retrouve avec une hypothèque et un prêt auto à rembourser.

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contaminant

Tu parles toujours de la mort dans tes livres. Je préfère me tenir loin. J’ai trop peur que ça me porte malheur.

O. K. Si j’ouvre un traité sur le cancer, ça va me le donner ?

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