contact

vidange

D’un billet à l’autre, de récit en roman, je mène un travail sur moi. Pour en parler, je n’ai qu’un mot : purge.

Saignée pour rétablir les humeurs. Exprimer.

Ce qui accède à l’écriture change de propriétés, quitte le corps pour entrer dans le champ de l’artisanat. De la fabrication du discours.

Écharde retirée du doigt. Sécrétions crachées. Virus neutralisé.

J’ai moins mal ensuite. Comme si je n’étais plus concerné.

1 commentaire

ambivalence

Il y a tant de beauté (et de violence) dans le monde que nous allons quitter. Tant d’élévation (et de bêtise). De splendeur (et d’atrocité).

La densité de l’expérience tient justement à ce cumul.

commenter

brrr

Dans la file au cinéma, une femme dit à sa compagne.

Es-tu allée à la manifestation ? Moi non, en tout cas, je me suis abstenue. Il fait encore trop froid pour traîner dehors. Ça me rappelle mon voyage à Dharamsala, il y a deux ans. Le soir de notre arrivée, un membre du gouvernement tibétain en exil a prononcé un discours sur la place devant l’hôtel. On gelait comme des crottes. L’électricité est très rare là-bas. Alors, il fallait payer un supplément pour avoir un radiateur dans la chambre. Ça m’a coûté une fortune. Sur les photos, on voit tout le temps Gandhi avec son pagne et sa toge. On oublie que, dans certaines régions de l’Inde, la météo est beaucoup moins clémente… De quoi on parlait déjà ?

commenter

baromètre


Le roman est indice et vecteur de liberté. Il foisonne dès que la religion décline et, à l’inverse, végète où elle domine. Il réagit de même à toute forme de dictature.

commenter

pedigree

J’ai toujours un froncement de sourcils, une grimace de perplexité quand un créateur se prétend l’égal de Dieu (qui n’existe pas).

Ni Prométhée ni Icare, sans héroïsme ni divinité, le romancier ne fait que retoucher son arbre généalogique en y suspendant des fruits de papier.

commenter